Ruthénium russe

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Fin septembre 2017, des mesures positives de ruthénium 106 avaient été relevées dans 1.300 stations de mesures dans toute l’Europe. La brièveté de l’événement, quelques jours, fait que les autorités ont déclaré que c’était sans danger, mais les taux de radioactivité étaient 100 fois plus élevés que ceux mesurés après l’accident de Fukushima.

Un accident russe a été évoqué, immédiatement démenti par Moscou. Aujourd’hui, l’étude menée par 70 scientifiques, dont ceux de l’IRSN* en France, confirme l’hypothèse que la source de l’émission provenait bien de l’Oural, plus précisément du centre de retraitement de déchets radioactifs de Maïak. Les analystes évoquent un accident lié à la production de cérium 144, destiné à un usage scientifique. Le ruthénium 106, dont la durée de demi-vie est d’environ 374 jours, est désormais indétectable.

Le site de Maïak avait déjà été à l’origine d’un accident nucléaire beaucoup plus grave en 1957. Plus connu sous le nom de catastrophe de Kychtym, il s’agit du troisième accident le plus grave de l’histoire après Tchernobyl et Fukushima. Un réservoir de 70 à 80 tonnes de déchets nucléaires liquides avait explosé contaminant près de 1 000 km². Les autorités russes garderont ce secret une vingtaine d’années.

IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire