Désertification en Pays de Loire

 

070903-01

Des prairies vendéennes voient apparaître un nouvel envahisseur : le cérastium, jolie plante qui traduit un mal profond : son développement est possible à cause du faible taux de matière organique (MO) dans les sols et lié aux pics de chaleur* qui détruisent une partie des micro-organismes qui constitue la MO. Les agronomes et les botanistes estiment que pour qu’un tél phénomène se produise, il faut que le taux de MO soit tombé autour de 1-2 %, il était autour de 5-6 % avant que l’agriculture régionale n’utilise des techniques intensives : destruction des haies, coupe des arbres, monocultures, produits phytosanitaires, lourds engins agricoles, sur-utilisation d’engrais, lisiers et digestats acidifiant, etc.

Ce phénomène est l’amorce d’un mouvement que les spécialistes connaissent : le début du processus de désertification. Une partie du sud de l’Espagne a connu cela et, aujourd’hui, dans certains secteurs, plus rien de pousse, conduisant inéluctablement à l’installation de futures zones désertiques espagnoles. Si l’on ne fait rien, dans un premier temps, ce sont les rendements des cultures qui en pâtiront. Et plus on mettra d’engrais, de lisiers, de digestats de méthanisation et de produits phytosanitaires pour compenser, plus les rendements diminueront car les sols verront le taux de MO diminuer. C’est un cercle vicieux.

Que faire ? La solution est connue, il faut faire remonter le taux de MO dans les sols agricoles. Pour cela il faut surtout ajouter du carbone, élément nécessaire à la vie organique, venant des fumiers qui contiennent des pailles, des composts, et certaines cultures qu’il faudrait laisser sur place, et aussi se calmer sur les pesticides qui détruisent la vie organique des sols. Il faudrait aller vers une agriculture bio, type agro-foresterie en replantant sérieusement arbres et haies. Pour l’instant, les Pouvoirs Publics soutiennent l’agriculture intensive si proche de l’industrie chimique.

Pics de chaleur : le climat vendéen évolue vers un type méditerranéen, confirmé par la présence nouvelle d’animaux et d’insectes présents dans le pourtour méditerranéen. Pour l’instant la Loire semble faire obstacle à cette évolution en Loire Atlantique, pour combien de temps ?