Pesticides en Pays de Loire

 

image_content_23996937_20180727203248

Notre région est une forte consommatrice de pesticides particulièrement dans les zones viticoles. Ces molécules présentes dans les cours d’eau, dans les eaux des robinets mais aussi dans l’air, ont des conséquences sur la santé des personnes. Selon des sources diverses et variables, la « consommation » de pesticides en France représenterait 60 à 80.000 tonnes par an. En 2011 le Sénat retenait 110.000 tonnes dont probablement 80 % par le secteur agricole. Ce chiffre aurait donc baissé, ce qui n’a pas de vraie signification, le tonnage n’étant plus un bon indicateur car les molécules anciennes appliquées à fortes doses sont remplacées par des molécules plus puissantes à faibles doses.

La moyenne actuelle de 2,5 kg/hectare cache des disparités : les viticulteurs non bio utilisent 20 % des pesticides agricoles soit 5 fois plus à l’hectare que les autres cultivateurs ! Ce qui amène la Loire-Atlantique en tête du peloton dans les Pays de Loire suivi de près par le Maine & Loire avec ses vergers arrosés de pesticides. Les chiffres manquent de précision mais montrent que le 44 et le 49, du fait des activités viticoles, maraîchères et arboricoles, sont de grands consommateurs de pesticides et que l’on retrouve ces molécules dans l’air (source AirPDL). Résultat : il y a 5 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les non-professionnels de la vigne habitant près des vignes que chez ceux habitant loin des vignes (3 résidus de pesticides en moyenne trouvés chez les premiers contre 0,6 pour les seconds). Idem dans les secteurs maraîchers et de vergers.

statistiques et actions « bidons »

L’indicateur NODU (Nombre de Doses Unités) prend en compte le dosage propre à chaque molécule. Lancé en 2008, le plan « Ecophyto 2018», 500 millions d’€ depuis le début, prévoyait de réduire de 50 % l’usage des herbicides et fongicides en 2018. Mais le nombre de NODU augmente régulièrement depuis 2008, signant l’échec d’Ecophyto, en fait la consommation de pesticides agricoles a augmenté de 22 % entre 2008 et 2015 et continue de progresser notamment du fait d’un développement de l’enrobage des semences ! Une deuxième mouture Ecophyto a été annoncée qui repousse à 2025 et vise d’ici 2020 une réduction de seulement 25%. Le feuilleton risque de durer longtemps. Seule satisfaction on constate une baisse sensible de l’utilisation des pesticides dans les collectivités territoriales et chez les particuliers suite à la Loi Labbé, même si une étude montrait que 44 % des grandes surfaces ne respectent pas l’interdiction de vente en libre-service.