Méthanisations à la ferme : elles fonctionnent rarement de façon optimale

methanisation-usine C’est le résultat de l’étude menée en 2014 par l’association Biomasse Normandie sur onze installations de méthanisation et présentée par l’Ademe*. Il s’agit d’installations utilisant différentes techniques et de différentes puissances.                                             Dernière nouvelle : le gouvernement vient d’augmenter le tarif de rachat de l’énergie produite de 10 à 20% pour compenser les mauvais résultats économiques !

Quelles en sont les raisons ? Elles concernent essentiellement la difficulté des exploitants à bien réguler leurs approvisionnements en déchets de toutes sortes : lisiers, fumiers, déchets organiques industriels et végétaux cultivés à cet effet. Ces déchets sont mis dans une cuve, le digesteur, où des bactéries travaillent à émettre du biogaz. Les prévisions n’étant pas respectées, la production d’énergie en subit les conséquences et réduit les recettes financières des exploitants. L’étude évoque aussi le fait que, quand plusieurs méthanisations sont proches les unes des autres, la concurrence pour l’approvisionnement en déchets industriels joue, déchets qui représentent souvent une part importante du carbone nécessaire à la production de méthane. Biomasse Normandie met aussi en avant le sur-dimensionnement de certaines installations qui peinent à se rentabiliser.

Les variations imprévues d’approvisionnement en déchets de toutes sortes compliquent aussi la tâche des exploitants car les bactéries des cuves sont capricieuses et apprécient modérément les modifications de régime ! Le risque est grand alors que l’exploitant utilise plus de cultures énergétiques sur son exploitation pour compenser ses manques, ce qui pose un nouveau problème : la terre agricole est-elle faite pour « nourrir le monde » ou pour l’alimenter en énergie ?

Ademe : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie