Environnement : la variable d’ajustement !

Manif-agriculteursCet été le mouvement d’humeur de certains exploitants agricoles avait pour but de soutenir trois demandes :
– la fixation de certains prix (porc, lait, etc..) par l’Europe ou la France
– la baisse des charges sociales
– la baisse des normes environnementales et des contrôles
Le gouvernement ne pouvant fixer les prix dans un marché de libre concurrence, il lui restait à céder sur les autres points ; c’est chose faite pour le dernier.

La PAC* et les primes qui vont avec (en moyenne plus de 70 % des revenus moyens des exploitants) imposent le respect par l’exploitant des BCAE( Bonnes Conditions Agro-Environnementales), une réduction des primes étant prévue en cas de non respect. En août le premier ministre a signé une circulaire d’instructions aux services au sujet des contrôles des exploitations agricoles. Son objet : alléger ceux-ci et les éventuelles sanctions ; qu’on en juge :

  1.  une cartographie des ruisseaux devant être protégés est en cours. En pratique, on donne pouvoir aux exploitants de définir ceux qui ne seront pas protégés !
  2. en cas de pollution de ces malheureux cours d’eau par les exploitants, le premier ministre indique aux procureurs de ne pas les sanctionner.
  3. les contrôles des exploitations seront faits, autant que possible, sur documents, au bureau des inspecteurs, non sur les sites de façon à ne pas embêter les exploitants.
  4. les exploitations classées comme « respectueuses de l’environnement » ne seront plus contrôlées pour tout ce qui touche à l’environnement et à la santé.
  5. en cas de non respect des BCAE, donc de l’environnement, instruction est donnée de ne pas réduire les primes PAC mais simplement de « sermonner » le coupable.

L’environnement va donc payer une nouvelle fois le prix de cette reculade.

PAC : Politique Agricole Commune (de l’Europe). Chaque pays adapte le cadre général de la politique définie à Bruxelles.