Tri sélectif « semi-incitatif », qui gagne ?

L’enlèvement et le traitement des ordures ménagères sont du ressort des communes mais sont traités généralement par divers intervenants : syndicats mixtes et sociétés privées. Nos concitoyens avaient l’habitude d’être laxistes avec leurs ordures ; le « tri sélectif » va donc dans le bon sens pour l’environnement. Il incite à séparer les matières organiques pour les composter, ce qui diminue la masse d’ordures restantes. Il organise le tri, plus ou moins fin, des plastiques et autres produits recyclables, ce qui est positif. Le tout devant permettre de réduire les coûts, grâce à la diminution du volume d’ordure, à celle des déchets ultimes plus un recyclage rentable.

On pourrait penser que ce travail profite directement aux habitants qui font cet effort là où ce tri est organisé. Il n’en est rien la plupart du temps. En effet, le constat est fait que ce tri sélectif se traduit souvent par une augmentation des factures pour nombre de foyers. Comment cela est-il possible alors que l’organisation précédente, sans tri, avec enlèvement hebdomadaire des poubelles et un volume plus important d’ordures, n’était pas financièrement déficitaire ?

L’explication est la suivante : les équipements coûteux tels les TMB et/ou les incinérateurs, servant à traiter les ordures ménagères après collecte, sont toujours là et les emprunts doivent être remboursés. Ainsi, malgré les efforts faits par nos concitoyens, ceux-ci ne verront pas, pour la plupart, de baisse sur leurs factures, bien au contraire ! Pire, ce sont souvent les foyers les plus modestes qui sont touchés par des hausses car, auparavant, leur taxe était basée sur la valeur locative de leur maison modeste. Idem pour les personnes âgées habituées à déposer leur poubelle chaque semaine et qui, si elles veulent continuer, doivent payer le prix fort.

Certains, en toute logique, réfléchissant à cela, se diront qu’une fois amorties, toutes ces installations ne coûteront plus rien, que les nouveaux équipements seront plus modestes du fait du tri et que leur redevance diminuera. Peu probable la plupart du temps. Gageons en effet que les « gestionnaires » de ces filières sauront engager de nouveaux investissements pour que cela ne se produise pas. Parions aussi qu’ils sauront faire de bons profits dans les années futures.

Sachez cependant qu’il existe des communes où les choses sont différentes. L’exemple réussi du tri vraiment incitatif de la Communauté de Communes de la Porte d’Alsace, sous l’impulsion d’élus agissant dans l’intérêt général, est là pour nous prouver que l’on peut faire autrement : enlever les ordures triées par les gens, les traiter en recyclant au maximum, réduire ainsi à 70 Kg/an/personne les déchets ultimes à enfouir et faire faire des économies aux habitants. Avec une redevance moyenne de 58 €/habitant/an, nos amis alsaciens doivent se demander pourquoi nous acceptons, sans protester, de payer le double ou le triple, qui plus est avec une réduction des services. Oui, pourquoi ?…