Trame bleue et verte (TVB), un espoir ?

Le décret approuvant les « orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques » a été publié ce mercredi 22 janvier 2013. Il constitue le dernier document de cadrage national de la Trame verte et bleue, très attendu depuis 2011.

La trame verte et bleue (TVB) est un outil d’aménagement du territoire issu du Grenelle de l’environnement de 2007. Elle vise à lutter contre la fragmentation du territoire en préservant et/ou restaurant les continuités écologiques nécessaires au bon fonctionnement des écosystèmes.

Le décret publié en janvier est le dernier décret sur le sujet. Il est le plus important puisqu’il fixe les ambitions nationales et les lignes directrices. La TVB se construit au niveau régional par le biais des Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE) et dans les documents d’urbanisme. Sa mise en œuvre est urgente car les résultats de l’inventaire de l’état de conservation des habitats naturels et des espèces, publiés en 2013, sont mauvais : environ seulement 10% des habitats sont en bon état et 20% des espèces sont dans un état correct au regard des objectifs. La Fédération France Nature Environnement, en 2007, avait attiré l’attention des Pouvoirs Publics sur les mauvais résultats des inventaires dans notre pays, notamment dans les milieux agricoles les plus touchés, situation mise en avant par la Commission Européenne,.

La TVB doit, normalement, lutter contre le mitage du territoire provoqué par : les pratiques agricoles simplifiant les paysages, l’étalement urbain et les infrastructures de transport, notamment les autoroutes. En France, cette fragmentation est très importante comme le montrent les indicateurs de l’Observatoire National de la Biodiversité.

Pour Bruno Genty, président de FNE : « Avec ces orientations nationales pour la trame verte et bleue, même en-deçà des attentes de FNE, les acteurs des territoires sont conduits à s’engager dans une politique novatrice et volontariste en faveur de notre patrimoine naturel. Cela vaut particulièrement pour l’Etat et surtout les collectivités territoriales qui ont ainsi matière à concrétiser leur engagement de 2010 en faveur de la biodiversité». Remarque : compte tenu des freins du puissant milieu agricole, des communes et des départements fascinés par les ZAC, la tâche sera rude. Tant et tant de programmes fondamentaux pour l’environnement finissent… sans avoir sérieusement commencés.