Nitrate : la France bientôt condamnée ?

Les zones vulnérables sont celles où il y a trop d’azote (nitrate) dans les eaux. Ces pollutions viennent des activités agricoles : cultures intensives, élevages intensifs. Depuis longtemps notre pays est schizophrène, d’un côté on dépense beaucoup d’argent pour améliorer la qualité des eaux, de l’autre on distribue beaucoup d’argent pour soutenir des activités qui ont un impact négatif sur les sols et les eaux.

Alors qu’une procédure à l’encontre de la France débutait en 2012, notre pays a lancé une nouvelle application de la « directive nitrate » qui a permis d’augmenter les doses de nitrate sur les exploitations ! Pour se moquer de Bruxelles ? Ce nouveau texte pénalise l’élevage de vaches laitières à l’herbe, pratique moins polluante, tout en profitant aux élevages intensifs hors sols. Pourquoi cette absurdité ? au profit de qui ? Pire, les mesures censées améliorer la situation : limitation des périodes d’épandage, protection des cours d’eau, valeurs en azote et phosphore des rejets des animaux, limitation des quantités d’azote épandues, plans d’équilibre de fertilisation, capacité de stockage des lisiers, contrôles, sanctions, etc… tout cela bénéficie de dérogations et de mansuétude. Sait-on par exemple qu’un préfet des Pays de la Loire a créé un « doctrine » phosphore dérogatoire au mépris des normes officielles ?

Quand s’arrêtera cette politique absurde et coûteuse qui voit la disparition des petites exploitations et celle des systèmes bocagers protecteurs de l’environnement ?

La France a effectivement été condamné en 2014. Les réactions du ministère de l’agriculture sont conformes aux (mauvaises) habitudes : la critique de la Directive nitrate et un plan de communication sur une future mise en oeuvre de l’agro-écologie, terme rassurant sans substance sur le site du ministère. De la pure communication…sans changement !